Ichtyophagie : atouts et limite d’un régime à base de poisson

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Aliment riche en protéines, oméga-3, vitamines et minéraux, le poisson est une ressource intéressante exploitée par l'Homme depuis bien longtemps.

Plus ou moins intégré au régime alimentaire en fonction des zones géographiques, la tendance générale de consommation de poisson est largement à la hausse. Nous faisons le point.

Régime poisson : ichtyophage ou piscivore ?

Deux termes existent pour qualifier un régime alimentaire composé exclusivement ou essentiellement de poisson : ichtyophage et piscivore :

  • Le terme « ichtyophage » peut s'employer pour l'Homme et l'animal. Il vient du grec « ichtyo » qui signifie « poisson » et « phage » : « manger ».
  • Le terme « piscivore » est généralement réservé aux animaux. Ce mot est issu du latin « piscis » : « poisson », et « vorare » : manger.

Ichtyophagie chez l'Homme

Si de nombreuses espèces animales sont piscivores, les Hommes ne sont pas en reste et exploitent les ressources de la mer depuis la nuit des temps.

Nos lointains ancêtres vivant sur le bord du littoral, les chasseurs cueilleurs maritimes, consommaient déjà poissons et crustacés au paléolithique !

Les poissons que nous consommons sont issus de la pêche mais également de l'aquaculture (l'élevage de poissons), qui est en constante progression.

Intérêts nutritionnels du poisson

Source de protéines animales

Le poisson est avant tout une source de protéines. Les recommandations nutritionnelles indiquent qu'un adulte a besoin de 0,8 g de protéines par kg de poids corporel et par jour. Soit, en considérant le poids moyen constaté au sein de la population :

  • 61,6 g de protéines pour un homme de 77 kg ;
  • 50,4 g de protéines pour une femme de 63 kg.

Cette quantité permet de couvrir les besoins de l'organisme pour assurer le renouvellement des tissus et fournir les acides aminés essentiels, qui ne peuvent être fabriqués par l'organisme.

En fonction des espèces, une portion de 100 g de poisson contient 16 à 21 g de protéines ; c'est équivalent à la viande, qui fournit en moyenne 20 g de protéines/100 g.

Poissons maigres ou gras : plus ou moins de lipides !

Les poissons maigres, ou poissons blancs, apportent peu de lipides : moins de 5 g pour 100 g. Ils sont ainsi moins gras que la viande (15 g en moyenne/100 g). Parmi ceux-ci, on trouve le cabillaud, la sole, le merlu, le lieu, le bar, la limande.

Les poissons gras, ou poissons bleus, contiennent quant à eux de 5 à 15 % de lipides. On peut citer la sardine, le maquereau, le saumon, l'anguille, le thon, le hareng.

Mais ce n'est pas parce qu'ils sont gras qu'il faut les bannir de l'alimentation ! Leur taux de lipides est comparable à celui de la viande, mais leur nature est bien plus intéressante. Ils contiennent une bonne proportion d'acides gras polyinsaturés, les fameux oméga-3 et notamment :

  • l'EPA (acide eicosapentaénoïque), qui permet de diminuer le taux de triglycérides dans le sang et a ainsi un impact bénéfique sur la santé cardio-vasculaire ;
  • le DHA (acide docosahexaénoïque), utile pour le fonctionnement du système nerveux et pour la vision.

Richesse en vitamines et minéraux

Le poisson est une bonne source de vitamine B ; les poissons gras apportent en plus de la vitamine A et de la vitamine D.

Le poisson est riche en phosphore, fer, calcium, magnésium et sélénium.

Les poissons de mer apportent de l'iode, indispensable à la production des hormones thyroïdiennes. La quantité de sodium présente dans la chair est faible, les personnes soumises à un régime pauvre en sel peuvent donc en consommer.

Attention à la contamination des poissons

Si le poisson est un aliment intéressant sur le plan nutritionnel, la pollution de l'environnement ne l'épargne pas : des produits nocifs se concentrent dans ses chairs et se retrouvent ainsi dans nos assiettes.

Les poissons d'eau douce sont ainsi contaminés par des PCB, substances toxiques qui perturbent la fonction hormonale, et les poissons de mer par le méthylmercure, néfaste pour le système nerveux central. C'est pour cette raison que l'Anses conseille de consommer du poisson 2 fois par semaine maximum, dont un poisson gras. Selon l’étude publiée dans la revue Circulation, la présence de ces polluants n’entraverait pas les bénéfices cardiovasculaires identifiés, tout du moins dans cette limite de deux portions hebdomadaires.

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